C'était un 11 septembre...
C'était un 11 septembre, celui de l'année 1973; en Amérique, dans la ville de Santiago du Chili. Une démocratie fléchissait et s'effondrait.
Nul ne peut ignorer depuis quelques jours la commémoration, celle des attentats du 11 septembre 2001 bien sûr. Qui se souvient encore qu'il y a 30 ans, une démocratie était balayée par l'Oncle Sam pour cause de votes progressites et de politique gouvernementale avancée?
C'est à croire que c'est nous qui avons été personnellement touchés. Le Conseil de Sécurité de l'O.N.U. se lève en silence (à quand un même geste pour les victimes actuelles du Darfour, ces vivants dont on filme la mort?). Même à Helsinski, les chefs d'États européens et asiatiques y sont de leur minute de silence. Les télévisions multiplient les soirées spéciales, avec reportages, documentaires, films, reconstitutions, témoignages,… Les journaux et revues y vont de leur numéro anniversaire. L'hégémonie politique, culturelle et médiatique transparaît totalement, rejetant sur les marges toute tentative d'explication.
Les attentats du 11 septembre 2001 sont écoeurants, inqualifiables, injustifiables! Mais ils ne sont pas inexplicables.
C'est probablement les circonstances qui ont fait qu'ils se sont déroulés sous la présidence de Georges Walker BUSH, qui ne siégeait en 2001 alors que grâce à son frère Jeb et sa pratique personnelle de la démocratie en Floride. Mais c'est aussi symptomatique que cela ait lieu sous le règne du défenseur de la benevolent hegemony, qui dans son art de la théorisation ne peut même pas comprendre que même "bienveillante" l'hégémonie demeure de l'hégémonie!
Seule superpuissance, qui ingurgite un quart de l'énergie mondiale pour satisfaire sa part de 20% de la consommation mondiale, sur un monde où la moitié des habitants n'ont pas accès à l'eau courante, la planète américaine continue à vivre en vase clos, incapable de recul sur elle même et de comprendre ce qui a conduit des extrémistes condamnables à commettre ces crimes.
Et encore une fois, ce sont causes et conséquences qui sont confondues. Pour Walker Texas Ranger, le 11 septembre est la cause de son combat contre l'Axe du Mal qui menace les E.U.A. (avec au passage, "pour le bien général", une main mise sur le pétrole et les marchés publics irakiens), sa guerre contre le terrorisme, et sa benevolent hegemony.
Mais le 11 septembre 2001 est une conséquence, la conséquence du 11 septembre 1973 et de tous les gestes d'impérialisme commis par Washington D.C. de Santiago du Chili à Saïgon en passant par La Havana, Granada, Alger, Kaboul, Kinshasa,…
Tant que le pouvoir américain ne prendra pas de recul sur lui-même, ne remettra pas en cause ses politiques, le terrorisme demeurera, non pas parce que c'est une réponse légitime, mais parce que c'est la dernière solution, celle de l'absence de choix, des sans-grades, des humiliés, de ceux que l'ont veut soumettre pour que l'American Way of Life se perpétue.
Il ne s'agit pas de traiter avec les terroristes et autres fanatiques sectaires, de satisfaire leurs demandes, mais de s'attaquer aux origines du recrutement terroriste, aux raisons qui font que des dizaines, des centaines, des milliers d'individus sont prêts à la violence aveugle et sanguinaires, avec le soutien de millions, de dizaines, de centaines de millions de personnes. Arracher les racines et l'arbre s'effondre!
Il faut une prise de conscience du pouvoir américain, que tente de provoquer une partie du peuple américain. L'opinion publique américaine n'est pas la caricature que l'on nous présente souvent. Face à Fox News existe un incroyable réseau progressite de New York à San Francisco. Dommage que nos media ne s'en inspirent pas plus et ne pratiquent pas plus l'art de la critique et de l'auto-critique.