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MOTION "DROIT ET LIBERTE" PRESENTEE AU CONGRES ACADEMIQUE DU SNES LYON (mardi 6 - mercredi 7 mars 2012)

Publié le par Stéphane GOMEZ

 

Le SNES est porteur d'un projet de transformation sociale, qui reflète pleinement le combat qu'il mène pour un collège et un lycée ouverts à tous, non-discriminants et émancipateurs.

À ce titre, il n'a eu de cesse d'encourager le soutien aux parents sans papiers d'élèves et aux jeunes majeurs sans papiers, de défendre les professeurs victimes de discriminations ou de dénoncer les interventions qui visaient à détourner les programmes scolaires, par exemple par une lecture partiale de l'Histoire (sur les « bienfaits » de la colonisation) ou en rejetant les questions de genre ou de l'orientation sexuelle. Il reste très vigilant au développement de tout outil informatique ou fichier (comme aujourd'hui le nouveau fichier SIECLE) pour que leur sécurité, leur confidentialité et leur neutralité soient attestés.

Le SNES porte et continuera à porter le projet d'une école émancipatrice dans une société égalitaire, dans l'intérêt de nos collègues et de nos élèves.

 

Le SNES Lyon réaffirme son engagement en faveur des élèves sans papiers ou dont les parents sont sans papier, et son souhait d'une nouvelle politique migratoire qui sorte des logiques actuelles de l'immigration dite choisie et dans laquelle le Gouvernement se contredit lui-même comme le montrent les circulaires dites du « 31 Mai » de Claude GUEANT et Xavier BERTRAND, qui durcissent les conditions d'études en France des étrangers.

Alors que le ministère de l'Éducation Nationale emploie comme professeurs avec des contrats précaires des enseignants étrangers ou que nos élèves sont de toutes origines, le SNES Lyon condamne le climat xénophobe qui est entretenu par les plus hauts responsables de l'État, par des pratiques d'amalgames ou de fausses preuves construites à partir de statistiques ethniques interdites et que le SNES Lyon refuse.

À l'inverse, le SNES continue à demander une autre approche de la citoyenneté, qui passe par exemple par l'ouverture du droit de vote et d'éligibilité locale de tous les ressortissants étrangers.

 

Opposé à toutes les discriminations, le SNES Lyon veut que cette dimension soit mieux prise en compte, pour les professeurs dans le cadre d'une formation initiale reconstruite, et pour les élèves en l'inscrivant dans le déroulé ordinaire des programmes, avec une approche en lien avec la progression pédagogique et de manière transversale.

La lutte contre les discriminations doit notamment prendre en compte le refus de tous les racismes mais aussi le sexisme et les LGBTphobies. À ce titre, les questions de genre et d'identité de genre ont toute leur place dans les programmes et le contenu scientifique des programmes ne saurait être sacrifié à des conceptions idéologiques partisanes.

La lutte contre toutes les discriminations ne s'inscrit pas dans une logique communautariste ; au contraire, c'est un outil pour s'y opposer.

La réalité de vie des professeurs et des élèves doivent être reconnus, ce qui passe entre autre par l'ouverture du doit au mariage pour les couples homosexuels, la reconnaissance de l'homoparentalité avec notamment le droit pour tous à la Procréation Médicalement Assistée et pour l'ouverture d'un débat sur la Gestation Pour Autrui au sein de la FSU. La dé-psychiatrisation de la transidentité et la facilitation des changements d'état civil doivent être rapidement obtenus.

L'école, espace de développement de l'esprit critique, doit contribuer à déconstruire les stéréotypes de genre. Pour le faire de manière crédible, le problème du retard de carrière qu'accumulent les femmes y compris dans la Fonction Publique doit être dénoncé et corrigé. Le personnel médical doit être renforcé, pour mener au mieux son action de prévention des IST et des grossesses précoces ; l'accès aux différents outils de contraception pour les adolescentes et les adolescents doit être généralisé, sur la base de la gratuité et de l'anonymat.

 

Enfin, le SNES Lyon refuse que les jeunes soient les boucs-émissaires des maux sociétaux. Dans les quartiers populaires notamment, ils sont les premières victimes des lois liberticides qui se sont accumulées et qui doivent être supprimées.

Le principe fondamental de la présomption d'innocence doit être réaffirmé, et les mirages de la « répression préventive » et de la « sécurité technologique » doivent être dénoncés. Le développement des fichiers, de la biométrie ou de la video-surveillance doit être strictement encadré, notamment dans les établissements scolaires qui ne doivent pas se transformer en quartiers de haute sécurité, hors de tout contrôle des personnels et des usagers.

À l'opposé des discours sur la détection précoce de la délinquance, le SNES Lyon réaffirme son attachement aux valeurs de l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs. C'est toute l'institution judiciaire qui doit être aujourd'hui défendue dans son indépendance et renforcée, plutôt qu'opposée à la police et à la sécurité.

Au-delà, c'est toute une politique urbaine, de logement et de déplacement qui doit être repensée, dans laquelle le collège et le lycée doivent s'inscrire plutôt que d'être un dernier îlot de résistance dans les quartiers ou un exutoire à des échecs qui ne relèvent pas d'eux.

 

Pendant que certains inventent une « civilisation de la République française » pour mieux théoriser l'inégalité prétendue des civilisations, confondant -pour des besoins électoralistes de court terme- civilisation et nation, Histoire et régime politique, culturel et cultuel, le SNES Lyon réaffirme lui clairement son rejet de toute stigmatisation et de toute discrimination ; il dénonce toute idéologie ou toute stratégie qui divise les générations entre elles, les salariés entre eux ou qui cherche à dresser les individus entre eux sur la base de l'amalgame ou du rejet de l'autre.

Le SNES Lyon se bat pour le respect de l'égalité et le développement des solidarités ; il estime que c'est par l'approfondissement des droits que la xénophobie recule.

Le SNES Lyon appelle les enseignants à une vigilance contre les idées d'Extrême-Droite et à participer aux actions unitaires contre les idées et les actions de plus en plus violentes de l'Extrême-Droite.

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