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IL ETAIT UN PETIT HOMME, PIROUETTE, CACAHUETE...

Publié le par Stéphane GOMEZ

 

Une hirondelle ne fait pas l'élection, mais un sondage peut faire le printemps: l'UMP jubile, un sondage -enfin un!- montre que Nicolas SARKOZY est peut-être en tête des intentions de vote au 1er tour, autrement dit qu'il est redevenu un président sortant ordinaire, qu'il fait comme CHIRAC en 2002, MITTERRAND en 1988 ou GISCARD d'ESTAING en 1981 (vous vous souvenez de GISCARD, celui dont le slogan de campagne pour 1981 était « La France Forte » et qui a... perdu; il est maintenant reconverti dans les romans érotiques! De là à penser qu'une carrière littéraire s'ouvre devant le Petit Nicolas...).

 

Certains analystes vous diraient bien sûr que pour réussir cet exploit d'être normal (la normalité est toujours une gageure pour un président bling-bling), il a fallu que Nicolas le Petit, à coup de Claude NEANT et de propositions populistes aille piller les voix de sa seule réserve, à l'Extrême-Haine, après avoir imposé une retraite en rase campagne à ses généraux d'opérette que sont Christine BOUTINTRAIN, Hervé « who? » MORIN ou Jean-Louis « Veolia » BORLOO. Mais qu'importe l'ivresse pourvu qu'on ait le flacon: le résident de l'Elysée est en tête dans un sondage, enfin, et cela suffit pour l'instant.

 

SAKROZY va donc pouvoir inscrire le reste de sa campagne sous un nouveau cap: devenir un président crédible. Il n'aura que 5 ans de retard...

 

Car cette « percée » foudroyante de lenteur aura été le travail de 2 mois de renoncements et de contradictions qui couronnent 10 ans de reniements et de mensonges. Et pour (re-)devenir président de la République, le Badinguet de rechange va devoir gagner le pari difficile de la crédibilité.

 

Car sur quoi repose cette « remontée »?

 

D'abord sur la démagogie. Ce n'est pas faute d'avoir espéré un président de la République qui tire les Français vers le haut plutôt que de les enfoncer dans la fange du populisme (xénophobe, de préférence). Il recommence, avec un petit coup de Schengen, pour de nouveau désigner les étrangers comme les maux de la société française, comme le Mal. Cela s'ajoute à la longue liste de ses mensonges sur tout et pour rien, sur les taux d'imposition ou de chômage en Allemagne, la fiscalité en Espagne, la compétitivité en France, ou même le nombre de postes supprimés dans l'Education Nationale, autant de signes de quelqu'un qui ne maîtrise pas ses dossiers, persuadé que de toute façon plus un mensonge est gros, plus il devient crédible. En 5 ans, on est tristement habitué...

 

Ensuite l'inconstance. Dans cette campagne, le petit roquet hongrois ne se contente pas de dire qu'il va faire en 2 mois tout ce qu'il n'a pas fait en 10 ans: il nous explique surtout qu'il va faire le contraire de ce qu'il a dit pendant 20 ans. Il nous avait déjà expliqué comment maintenant il allait taxer tous ses amis riches (mais pas à 75% non plus, faut pas déconner!), comment lui le père du bouclier fiscal allait maintenant mettre un terme aux parachutes dorés et à toute sorte d'abus. Depuis des années, la Gauche française porte le projet du Buy European Act, que SARKOKO a rejeté avec mépris au nom de son libéralisme « de bon sens » de discussion de comptoir; devenu SARCOCO, il en est maintenant le farouche défenseur.

 

Enfin, il y a l'absence de crédibilité érigée en règle de fonctionnement. La crédibilité, c'était l'angle d'attaque contre François HOLLANDE, qui manquait d'une expérience et d'une stature internationale. La Gauche étant plus souvent dans l'opposition que dans la majorité, elle a par nature moins d'expérience gouvernementale: en 1981, François MITTERRAND a des expériences du pouvoir qui remontent à la IV° République et Pierre MAUROY n'en a aucune; en 1997, Lionel JOSPIN n'a été que quelques années ministre de l'Education Nationale. Mais dans ce cas là, seul le président sortant a l'expérience nécessaire, de là à rétablir la monarchie il n'y a qu'un pas que seule la mortalité des monarques empêche encore de franchir... L'attaque fut pourtant violente contre la volonté de François HOLLANDE de re-négocier le dernier traité européen, non encore ratifié par tous les pays de l'UE: voilà qu'il se melenchonisait, c'était le retour des socialo-communistes. Et donc que fait aujourd'hui Tsarkozy: ce sont tous les derniers traités qu'il veut remettre à plat, tout seul, comme un grand, sans consultation de ces autres qu'on appelle les pays européens! De quoi irriter même Angela MERKEL, la chancelière de la République franco-allemande, qui n'avait pourtant pas manqué d'efforts pour soutenir son vassal préféré.

 

Est-ce que tout cela fonctionne?! On a bien les dirigeants que l'on mérite, et comme disait De GAULLE,...

 

Tout cela est en tout cas guère rassurant, la campagne électorale vaut mieux que ce genre de revirements et notre démocratie vaut mieux que ce petit homme là, pirouette, cacahuète, il était un petit homme...

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