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Il est urgent d'attendre...

Publié le par Stéphane GOMEZ

Avec 11 200 postes d'enseignants qui sautent cette année dans l'Éducation Nationale, il n'y avait pas au début de l'été un pigiste de journal à ne prévoir une rentrée sociale chaude.

Deux semaines après la rentrée, les perspectives ne paraissent pourtant pas réjouissantes! L'ambiance est plutôt à la coupe du monde de rugby, à l'entrée en matière désastreuse de la France et surtout à l'espoir que cela suffise à empêcher l'affairiste LAPORTE de devenir secrétaire d'État aux Sports, dernière forme risible de résistance!

Il faut convenir que les périodes de rentrée ne sont jamais propices aux grandes manifestations de professeurs: on est surtout occupé par son emploi du temps, par ses nouvelles classes et le retour d'anciens élèves, par la préparation du 1er contact,…

Les annonces estivales auraient pu pourtant bousculer tout cela. Sur les postes supprimés, seulement 1 500 le sont au nom d'une meilleur utilisation des T.Z.R. (titulaires en zone de remplacement: les enseignants titulaires en charge des remplacements, et dont une fausse rumeur fait des privilégiés, ayant souvent de longues périodes rémunérées d'inactivité), 3 500 le sont pour être remplacés par des heures supplémentaires (le fameux "travailler plus pour gagner plus") et le reste sont des suppressions brutes au nom de la baisse démographique (qui est provisoire et de la poudre visuelle puisqu'il ne faut pas avoir fait une thèse de mathématiques pour savoir que la baisse de 2 élèves dans une classe ne suffit pas à supprimer un poste d'enseignant sous peine d'augmenter de 4-5 élèves les effectifs des autres classes du même niveau). À cela, se rajoute une nouvelle offensive sur la note de vie scolaire (cette note qui oblige les enseignants à ne plus noter les savoirs mais les comportements), le conseil pédégagogique (une remise en cause de la liberté pédégagogique, qui prépare l'autonomie des établissements) ou les remplacements De ROBBIEN (cette absurdité qui voudrait faire croire aux parents d'élèves qu'un enseignant pourrait à la hussarde enseigner à n'importe quelle classe et donc que si ce n'est pas fait cela relève de la fainéantise des enseignants).

Pourquoi alors une telle passivité?

C'est qu'il faut reconnaître que tout cela est bien amené.

Giclé le provocateur De ROBBIEN, c'est le discret et lettré DARCOS qui est aux basses oeuvres. Comme SARKOZY, il sait y mettre la forme pour vendre son projet réactionnaire (j'y reviendrai). SARKOZY déploit aussi tout son art rhétorique. Sa "Lettre aux éducateurs" a plu, les journalistes n'en ont conservé que l'évènement (un président de la République écrivant aux enseignants) et les belles formules, oubliant le fond (le rejet de "l'école de mai 68", la défense de l'identité nationale,…). Tsarkozy multiplie les gestes ambigus, insistant sur la pénibilité du métier, sur la nécessié de le revaloriser et crée une commission ad hoc, confrontant les syndicats au choix de ne pas y participer au risque de paraître fuir le dialogue ou d'y aller au risque d'avaliser le contenu et surtout les projets qui en découleront. L'encadrement éducatif est lancé pour les "orphelins de 16-18 heures" avec un nombre d'heures supplémentaires incroyable (sans bien sûr d'engagement sur l'année prochaine) et donc la possibilité légitime donnée à de nombreux enseignants de mener des projets pédagogiques en même temps que la question du pouvoir d'achat est repoussée.

L'automne social sera-t-il chaud? Rien n'est moins sûr pour le moment. Tous les syndicats attendent ceux de l'Éducation Nationale, qui aujourd'hui n'ont pas la mobilisation nécessaire pour partir seuls. Le grand assaut est repoussé pour novembre, durant la discussion budgétaire, lorsque les grands projets seront déjà arrêtés!

Mais faut-il pour autant désespérer de l'intelligence collective?

Bon, sincèrement, des fois "oui", quand le militant est déçu par les résultats électoraux ou l'absence de réactions aux annonces de projets de loi scandaleux, mais après il reprend son bâton de pélerin pour reprendre sa marche vers la République sociale. La météo nous annonce cette semaine un temps d'orages… pour le Gouvernement espérons!
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