Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La sécurité est une condition du bonheur...

Publié le par Stéphane GOMEZ

Madame la Maire, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs,

 

C'est avec modestie que je prends la parole ce soir devant vous au nom de l'ensemble des élus Socialistes et Républicains.

 

Notre ville, les Vaudaises et les Vaudais viennent de subir des moments difficiles, très difficiles, dont nous espérons tous qu'ils soient maintenant clos, derrière nous.

 

À des actes d'incivilités, conséquents par leur nombre et leur qualité, à leurs répercussions fortes pour les Vaudaises et les Vaudais privés de moyens de transports en commun et de leur légitime droit à la tranquillité, se sont surajoutés plusieurs actes graves de violences avec armes à feux, sur l'espace public, aux conséquences pratiques mais aussi psychologiques et morales importantes. Il s'est agit d'actes de violence isolés, sans liens entre eux, mais qui se sont succédés dans une brève temporalité. Les interventions policières qui ont suivi ont elles mêmes entraînées des réactions de violence inacceptables.

 

Tous ces dysfonctionnements, toutes ces violences, nous les dénonçons et nous les condamnons, tous. Nous ne hiérarchisons pas entre les violences, nous ne relativisons pas les dysfonctionnements : nous les dénonçons et nous les condamnons, car ce sont les Vaudaises et les Vaudais, dans leur vie quotidienne, dans leur bien être, dans leur sentiment de sécurité, dans leur envie de faire ville commune, car ce sont les Vaudaises et les Vaudais qui sont concrètement et quotidiennement impactés par ces actes délictueux. C'est l'ensemble des Vaudaises et des Vaudais qui sont ensuite montrés du doigt, stigmatisés, pénalisés dans leurs démarches hors de Vaulx-en-Velin, quand pendant 2 semaines on ne parle plus de notre ville, de nous, que comme une zone de violence et de non-droit, comme d'un territoire hors de notre Nation, hors de la République.

 

Ces dysfonctionnements ou ces violences ne sont pas une particularité vaudaises et ne sont pas non plus, ici comme ailleurs, une nouveauté. Il faut le rappeler. Mais cette mise en perspective n'est pas une justification ou une relativisation. Nous sommes ici et maintenant, et pour nous élus maintenant et à Vaulx-en-Velin. C'est bien à ces violences ici et maintenant qu'il faut apporter une réponse, ce sont aux Vaudaises et aux Vaudais qu'il faut apporter sécurité et tranquillité publique.

 

Nous ne sommes plus au moment du constat sans distinctions et sans propositions : il faut proposer et agir, être sur le terrain comme l'ont été les élus de la majorité, et pas seulement sur les réseaux sociaux comme certains…

 

Nous ne sommes plus au temps du débat pour savoir si la 1ère des sécurités est la liberté ou si la 1ère des libertés est la sécurité. Notre sujet est comment nous pouvons assurer la tranquillité publique des Vaudais pour qu'ils exercent et vivent toutes leurs libertés.

 

Les dysfonctionnements, mêmes petits, ne sont pas anecdotiques : ils sont chaque jour un nouveau coup de canif à notre tranquillité, à notre sécurité, à notre lien social, à notre pacte républicain.

 

La sécurité est d'abord une compétence régalienne de l'État, nous demandons donc aujourd'hui comme hier que l'État assure sa compétence. L'État doit réaffirmer la République dans Vaulx-en-Velin et Vaulx-en-Velin dans la République.

 

La réalité est qu'on supporte encore aujourd'hui les effets des réductions massives d'effectifs après 2012 et la suppression de la police de proximité dont les résultats étaient positifs en terme de tranquillité publique et de construction du lien social. Notre commune, demain comme aujourd'hui, aujourd'hui comme hier, ne peut avancer sans avoir la certitude, un engagement, que l'État restera bien présent, en quantité et en qualité, avec l'ensemble de ses missions et notamment celle du maintien de l'ordre public. Les moyens humains et matériels de la Police Nationale doivent être suffisants et pérennes, de la Police Quotidienne de Sécurité jusqu'aux Brigades Anti-Criminalité.

 

Mais les Vaudaises et les Vaudais, comme dans chaque commune, attentent aussi de leurs élus qu'ils soient les gardiens vigilants de leur tranquillité publique, de leurs conditions de vivre leur ville au quotidien.

 

C'est pourquoi nous n'avons jamais voulu mésestimer la question de la sécurité sur notre commune et que nous avons, depuis 2014, une politique volontaire en la matière, en faisant un choix de rupture sur les années passées. Je dis cela sans esprit polémique : il y avait un choix politique alors, une orientation en matière de sécurité, qui était autre. Nous avons porté, nous portons une autre orientation.

 

Nous nous sommes donc inscrits dans cette autre orientation que nous estimons plus volontaire, en recrutant plus de policiers municipaux, en recrutant plus d'ASVP, en recrutant plus de médiateurs, en investissant 800 000€ pour renouveler et développer le réseau de video-surveillance, en lançant un travail sur la sécurité préventionnelle en terme d'urbanisme et de mobilier urbain, en accentuant l'armement offensif des policiers municipaux.

 

Nous avons mis l'effort aussi sur les petites infractions, en recrutant des ASVP, en mettant en place la video-verbalisation, car c'est par ces petites infractions du quotidien que commence le délitement du lien social. Nous devons et avons usé de pédagogie, lançant des campagnes préventives de sensibilisation. Nous devons et avons aussi usé de répression, car on ne peut pas laisser s'inscrire dans les esprits que nous sommes dans une ville de non-droit ou une ville dans laquelle d'autres règles, d'autres codes s'appliqueraient.

 

Est-ce que tout cela a été suffisant déjà ? Non. On ne re-règle pas en quelques mois un mécanisme qui s'est lentement et imperceptiblement déréglé pendant des années. Mais nous avons une volonté claire, affirmée, continue, dans les propos et dans les actes. Nous n'abandonnerons pas la question de la tranquillité publique, de la sécurité. Nous ne laisserons pas le non-droit devenir la règle. Nous n'abandonnerons pas les Vaudaises et les Vaudais.

 

Très vite la question de l'armement létal s'est aussi posé. Mais on ne passe pas d'une situation à l'autre sans transition. Il y a un mouvement, une construction, qu'il faut mener à son terme et en son temps. Les évènements de ces dernières semaines ont été un catalyseur et un accélérateur faire ce choix.

 

Ce n'est pas un choix simple et naturel pour beaucoup d'entre nous. Nous ne croyons pas que ce soit la solution ultime ou magique, ou nous l'aurions usé bien plus tôt. C'est une étape nouvelle, supplémentaire, que nous empruntons, qui doit dire et redire de quel côté est l'ordre républicain, la force républicaine, et que la loi républicaine, la sécurité et la volonté nationale s'affirmeront et s'appliqueront aussi à Vaulx-en-Velin, car les Vaudaises et les Vaudais sont la Nation, car nous sommes un territoire de la République.

 

Cette politique municipale de sécurité s'inscrit dans le domaine des compétences municipales. Nos forces de l'ordre n'ont pas vocation à se substituer aux forces de l'ordre nationale. Elles en sont complémentaires, dans leurs missions. La Police Municipale n'a pas à se substituer à la Police Nationale mais nous devons continuer à la renforcer, en moyens et en personnes, pour qu'elle puisse assurer en pratique l'ensemble de ses missions.

 

L'orientation que nous portons est discutable et criticable. C'est le sens du débat démocratique. Mais de telles circonstances appellent aussi de tous, de chacun en général, des élus en particulier, à un sens précis de l'humilité et de la responsabilité. La différence d'analyses est légitime car démocratique. L'esprit de polémique ou l'insulte publique sont certes une liberté développée par la facilité des réseaux sociaux, mais dans cette situation, à ce moment où les Vaudaises et les Vaudais sont saisis d'angoisse pour le présent et d'inquiétudes pour l'avenir, notre responsabilité n'est pas de tomber dans la facilité, ce n'est pas de provoquer des polémiques anxiogènes par opportunisme électoraliste ou des questions d'ego. Avoir son nom dans un article est un objectif personnel médiocre. Sur la sécurité comme en tout domaine nous pouvons être différents dans nos analyses et nos propositions, mais nous ne pouvons laisser des bas intérêts ou des bas instincts stimuler en conscience des propos anxiogènes, car cette anxiété ce sont les Vaudaises et les Vaudais qui les vivent et les subissent.

 

À ce moment de conclure, je voudrai redire l'humilité qui doit nous habiter, tous et nous élus de la majorité en particulier, quand nous évoquons le sujet de la sécurité. Car les douloureux évènements des semaines passées nous démontrent que le combat n'est pas gagner. Mais le combat nous le menons et nous le mènerons. Je veux dire aussi que nous ne l'abandonnerons pas : les Vaudaises et les Vaudais doivent en avoir la certitude : nous continuerons à rechercher et appliquer -dans le respect des droits et des libertés- tous les moyens qui nous permettrons d'assurer -des petits incivilités jusqu'aux crimes-, dans nos champs d'action, la paix et la sécurité. Les Vaudaises et les Vaudais ont le droit de vivre en paix, chez eux et dans l'espace public. Citant l'historien Jean DELUMEAU (Le Monde de l'Éducation, juillet – août 2001) je terminerai en disant que « la peur engendre le besoin de sécurité, celle-ci étant à son tour une condition du bonheur ». Les Vaudaises et les Vaudais ont droit au bonheur, ils ont donc droit à la sécurité.